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3 Août 1947 - Circuit international de vitesse de Strasbourg – Ep 7 Les essais du samedi

GP_StrasbourgSamedi 2 août 1947. Villoresi, Ascari, Chiron, Rosier ... à l'exception de Wimille, tous les As du volant sont en piste sur le circuit de Strasbourg pour la deuxième journée d'essais..
 
 
 
 

Samedi 2 août 1947 2ème journée d’essais

Chez les motocyclistes, on note une douzaine de concurrents en 350cc et onze en 500cc.

Les essais se disputent entre 5h et 8h00.

Moto 350cc
Pilotes Pays Marques Temps
10 Beischer GB Norton 1’59’’9 (109,020 km/h)
6 Thomas GB Velocette 2’00’’4
8 Goodmann GB Velocette 2’00’’7
4 Anderson GB Velocette 2’06’’3
20 Lhéritier FRA Velocette 2’08’’5
12 Goffin BEL Velocette 2’07’’9
2 Foster GB Velocette 2’11’’5
38 Simons LUX Norton 2’17’’2
34 Schmuck FRA(ACA) Norton 2’21’’6
26 Drion FRA Norton 2’39’’6
24 Poix FRA Excelsior 2’55’’8
 xx Barthe Velocette
14 Laurent BEL Velocette
16 Simons NL Excelsior
18 Van Rijsiwijk NL
22 Belhechout FRA
28 Houel FRA Velocette
30 Rouchy FRA Velocette
32 Post FRA
36 Loyer FRA Velocette
40 Nocchi-Biagio ITA Benelli
Moto 500cc
54 Lorenzetti ITA Guzzi 2’00’’2 (108,748 km/h)
44 Anderson GB Guzzi 2’01’’2
42 Foster GB Velocette 2’02’’1
74 Behra FRA Guzzi 2’04’’8
40 Frost GB Norton 2’04’’9
58 Laurent BEL Norton 2’09’’2
90 Nocchi-Biagio  ITA Guzzi 2’11’’4
64 Collot FRA Terrot 2’15’’2
76 Maison FRA Norton 2’18’’6
56 Goffin BEL Velocette 2’38’’6
52 Beischer GB Norton
46  Thomas GB Velocette
48 Goodman GB Velocette
50 Minette GB Vincent HRD
52 Beischer GB Norton
58 Laurent BEL Norton
60 Simons NL Excelsior
62 Van Rijsiwijk BEL Velocette
66 L'Héritier FRA Velocette
68 Stignagni FRA
70 Belhechout FRA
72 Poix FRA Excelsior
78 Peraldi FRA Norton
80 Houel FRA Norton
82 Rouchy FRA Velocette
84 Post FRA Triumph
86 Loyer FRA Velocette
88 Simons LUX Norton
92 Kurtz FRA (ACA) Standard (MAG)

 1947 gpstrasbourg div

L'ACA a eu la bonne idée de loger tous les coureurs (à l'exception de Chiron descendu à la Maison Rouge) dans le même hôtel. Les amateurs d'autographes en profitent.


Il y a foule autour du circuit pour cette deuxième journée d'essais.

Les voitures sont présentées par leur conducteur pour les vérifications techniques. Elles furent 15 présentes sur les 16 annoncées (il manquait la Maserati de Raph qui est en route depuis l'Italie). Chaque véhicule est photographié.

Louis Chiron effectue un tour d’honneur très remarqué au volant d’une Bugatti 3 litres d’avant-guerre. Le champion français passe ensuite sur la Maserati de Platte sur laquelle il doit courir et donne la pleine mesure de ses capacités en réalisant le 3ème meilleur temps de la matinée derrière les puissantes Maserati de Villoresi et Ascari qui viennent de terminer respectivement première et deuxième du Grand Prix de Nice.

Les pilotes sont plus assidus que la veille et les chronos sont vite améliorés.

A deux reprises, par suite d’un retour de flammes au carburateur, la Talbot de Mouche a pris feu non loin des stands de ravitaillement. Le pilote a réussi à éteindre l’incendie avec son extincteur. Heureusement, plus de peur que de mal, le véhicule devrait être en état de participer au Grand Prix.

La petite Simca est bien là mais le grand Jean-Pierre Wimille n’est toujours pas arrivé à Strasbourg. Son mécanicien Alin se charge de faire les essais sans véritablement pousser la mécanique.

Avec 2'14''8 comme meilleur chrono, Chaboud avec sa nouvelle voiture n'obtient pas les résultats qu'il escomptait. Hélas pour lui et pire que la performance décevante, la Direction de Course va couper court aux essais de cette monoplace présentée comme française.


La Veritas n°4 - La voiture secrète d'Eugene Chaboud

Mars 1947, trois anciens employés de BMW, Ernst Loof (ex pilote moto et ex responsable du département voitures de sport chez BMW), Georg ‘Schorsch’ Meier (Grand pilote moto, vainqueur du Tourist Trophy sur l'île de Man en 1939 et ex-pilote Auto-Union) et Lorenz Dietrich (Dirigeant des moteurs d’avions Gnome-Rhome) fondent la société Veritas à Hausen am Andelsbach, dans le Baden-Württemberg, une province allemande sous contrôle Français.

Les trois hommes se sont connus à Paris durant la guerre et partagent la passion de la mécanique et de la vitesse. Leur volonté est de produire une voiture de sport.

A cette époque, l’Allemagne est dévastée et l’industrie réduite à des cendres. Faute d’outil de production, les voitures seront réalisées à partir d’éléments mécaniques de récupération de la BMW 328 d’avant-guerre.

L’administration Française, particulièrement vigilante avec l’industrie métallurgique allemande, donne son approbation au projet.

Parallèlement, Loof élabore une Formule 2, la 'Meteor'. Carl Kling effectue les premiers essais de la monoplace en juin 1947.

Le pilote français, Eugène Chaboud, se rend chez Veritas et après des tests concluants de la Meteor, Loof lui en propose le volant. Les deux hommes s’accordent, Chaboud fera débuter la Veritas lors du Grand Prix disputé à Strasbourg. Dans l’intervalle, le pilote français Chaboud continue ses participations en Grand Prix avec la Delahaye qu'il vendra par la suite à Pozzi.

En vue du Grand Prix Alsacien, l’équipe Veritas se rend secrètement à Strasbourg avec la voiture de Karl Kling.

Absente durant les premiers essais du vendredi, la voiture entre en piste le samedi pour quelques tours. M.Koenig, le Président de l'Automobile Club d'Alsace va alors s'intéresser de près à cette mystérieuse monoplace et sa décision va être aussi rapide qu'irrévocable. "Ne démarre pas, vous n'êtes pas les bienvenus". Koenig n'est pas dupe, c'est une voiture allemande. Pilotes et voitures d’outre Rhin sont en effet interdits de compétitions internationales. Pour sa défense, Lorenz Dietrich argumente que la voiture étant construite dans une zone contrôlée par la France et sous l'oeil des autoritées françaises, elle est donc française.

L'équipe Veritas est invitée à quitter le circuit sur le champ sous l'escorte de la police militaire.

La presse locale n'ébruitera rien de cet épisode qui aurait pu très mal tourner quand on connait le sentiment antigermanique régnant à l'époque.

 
Pour le Grand Prix, Eugène Chaboud se replira sur sa Delahaye n°34.

1947 gpstrasbourg villoresi Maserati

Temps des essais

Pos

Pilotes

Marques

Vendredi

Samedi

           
1 8 VILLORESI Maserati
  1’49’’5 (119,375 km/h)
2 10 ASCARI Maserati   1’49’’8
3 12 CHIRON Maserati   1’50’’2
4 18 ROSIER Talbot 1’53’’6 1’57’’4
5 14 POZZI Talbot 2’06’’3 2’00’’2
6 16 GIRAUD-CABANTOUS Talbot   2’00’’5
7 26 MEYRAT Delahaye 2’08’’1 2’02’’6
  26 GRIGNARD Delahaye 2’00’’5 2’08’’6
8 34 CHABOUD Delahaye 1'52''2  
  34 SERRAUD Delahaye 2’06’’4 2’06’’3
  CHABOUD Veritas   2'14''8
9 22 LOUVEAU Maserati   2’06’’6
10 30 VARET Delage   2’07’’0
11 36 BRAULT Delahaye 2’21’’4 2’12’’0
12 28 MOUCHE Talbot   2’17’’3
13 24 BRANCA Maserati   2’14’’4
14 32 ALIN Simca Gordini   2’32’’0
  32 WIMILLE Simca Gordini   -
   6 LEVEGH Maserati   -
  20 RAPH Maserati   -

(Les temps divergent selon les sources, le temps ci-dessus sont ceux du journal l'Equipe)

 
 
Les pilotes réservistes
12. Enrico Plate
16. Lord Sheldon
24. Fred Meyer
26. Georges Grignard
28. José Scaron
32. Adrien Alin
34. Gaston Serraud
 
 
 
 
Bibliographie
Médiathèque André Malraux - Strasbourg
Les Dernières Nouvelles d'Alsace
Le Nouvel Alsacien
Journal d'Alsace
L'Humanité d'Alsace et de Lorraine
Revue Cigognes
Archives de la ville de Strasbourg
Archives du département du Bas-Rhin
Archives de l'Automobile Club d'Alsace
L'Equipe
La Revue Automobile
Der Spiegel
Action Automobile et Touristique
Merci à Jean-Maurice Gigleux
 
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