Raffalovich sur RenaultL'ancêtre des 24 heures du Mans
 
Contrairement à une idée largement répandue, la course des 24 heures du Mans ne fût pas la première compétition automobile à se disputer sur 24 heures.


1905. Plusieurs pilotes vont s’attaquer en solitaires à des records de distance sur 24 heures dont Guy Vaughn qui réussit à parcourir 1015.2 miles le 24 juin 1905.

3 juillet 1905. The Columbus (Ohio) Auto Club organise la première course de 24 heures sur le circuit de Columbus Driving Park. Trois concurrents sont au départ. Les frères Charles et George Soules sur une Pope-Toledo s’imposent devant Lee Frayer, constructeur et pilote de la Frayer-Miller, et l’équipage Ballenger-Feasel sur une Peerless.

16 novembre 1905. Nouvelle course de 24 heures sur l’Indiana State Fairgrounds. Charles Merz s’impose.


En 1907, une douzaine de compétitions de 24 heures sont organisées aux USA. (Detroit, Chicago, Saint Paul, Brighton Beach et Morris Park à New York, Birmingham, Alabama, Seattle, Milwaukee, et Los Angeles)

Avec l'intérêt grandissant pour les courses de 24 heures, l'American Automobile Association (AAA) a été amené à adopter des règles précises pour limiter les engagements aux voitures de série.


Innovation à Brighton Beach

L'association s'efforce de réduire les risques d’accidents en installant pour la première fois dans l'histoire de la course automobile des signaux lumineux.
Des ampoules électriques dirigées vers la piste seront allumées en fonction des incidents de course. Une lumière rouge alerte les pilotes de la présence d’un danger et leur demande de limiter leur vitesse tandis que l'affichage des ampoules vertes les informe que la piste est dégagée. Un clignotement simultané des feux rouges et verts signifie un arrêt immédiat de toutes les voitures.


Les français se mettent en évidence

27 septembre 1907. Lacroix  et Bernin s’imposent aux 24 Heures de Morris Park sur une Renault

27 aout 1909, la Motor-Racing-Association organise une compétition automobile à Coney Island (U.S.A.) d’une durée de 24 heures. Louis Raffalovich et Charles Basle sur Renault sont au départ.

Le Brighton Beach Motordrome est une piste ovale longue 1905 mètres située à Coney Island dans la banlieue de New-York. C’est à l'origine un hippodrome que l'on a un peu aménagé pour en faire une piste pour automobiles. La piste est perpendiculaire à un grand parc d'attractions qui dès la nuit ruisselle de lumières. L’ingéniosité qui fait la caractéristique des français n’est pas une légende et Louis Raffalovich va utiliser le système D.

Le pilote français prit la précaution de s’entrainer dans les jours précédents la course. Rapidement il va se rendre compte que les illuminations l’éblouissent. Il fit donc ajouter à ses lunettes une espèce de visière qui lui permettait de conserver son allure sans être gêné.

La piste de par sa nature est incapable de résister sans dommages aux multiples passages des voitures. Raffalovich pour se préserver des projections de terre et de cailloux fit préparer des garde-boues très légers destinés à être montés au-dessus des roues avant. Ils ne furent posés qu’après le 1er tour afin de ne pas donner à ses adversaires une idée dont il entendait bien être le seul à profiter.

Le départ est donné le vendredi soir à 22h00. Dès que le starter eut abaissé son drapeau, ce fût la ruée. Raffalovich ne poussant volontairement pas sa mécanique se contenta de rouler en deuxième position durant les sept premières heures. Tous les concurrents n’eurent pas sa sagesse.

Raffalovich sur Renault


C’est au bout de la première heure que commencèrent les accidents. L’Allen-Kingston perdit un pneu qui vient s’écraser sur la Fiat. Le réservoir de l’Allen-Kinston prît feu et en une minute le conducteur et son mécanicien furent transformés en torche humaine. Ils furent transportés à l’hôpital gravement brulés. A peine cette émotion passée, la Stearns et l’Acmé s’accrochèrent, bilan deux morts.


La prudence fût récompensée. A la fin de la 21ème heure, le pilote français qui est largement en tête  a couvert 963 Miles.
A l’arrivée, le pilote a parcouru 1050 miles. Le second est relégué à 110 miles.

Raffalovich s’est arrêté 21 fois pour ravitailler ou pour changer de jantes. A l’époque, la roue était clavetée sur l’essieu et c’était une jante amovible qu’il fallait déboulonner. Ravitaillement et changement se déroulaient dans le temps record de 5 minutes.
 


Raffalovich sur Renault

Une victoire 100% française

La Renault marcha comme une horloge et les pneus Michelin se sont montrés à la hauteur de leurs réputations car le pilote n’eut pas à subir de crevaison.

 

Bibliographie

Alsace Automobile - Mars 1939