Philippe Streiff, deux podiums aux 24 heures du Mans

Philippe StreiffPhilippe Streiff est né le 26 juin 1955. Il passe son enfance à Corenc, près de Grenoble et se passionne très jeune pour la mécanique. Il débute le kart à 14 ans mais son mètre 87 n’est hélas pas un avantage. Avec ses copains Lionel Favier, Bernard Béguin et Bertrand Ballas, il suit de près les débuts de l’ainé de la bande, un jeune nommé René Arnoux. Ce dernier remporte le volant Shell en 1972, cet épisode marque l’éclosion d’une génération de jeunes pilotes Grenoblois.

 

Conjointement à sa passion, Philippe Streiff poursuit des études brillantes : Bac C, math supp puis math spé avant d’intégrer en 1975 l’Ecole Nationale des Arts et Métiers d’Aix en Provence. Cette école devrait lui permettre de travailler un jour comme ingénieur aux services d’un grand constructeur automobile.

Son ami Favier se lance dans l’étude d’un prototype. Du rêve à la réalité, il n’y a qu’un pas et les longs week-end de constructions mécaniques vont s’enchainer. C’est la naissance de LF177, un petit proto que son ami Lionel Favier utilisera au début de sa carrière.

Au volant de sa Rallye 2, la voiture de sport de toute une génération, Philippe Streiff participe à quelques compétitions du SRT.

 

1976 Coupe de l’avenir sur une Geri RB4-07.

19 novembre 1976, La finale du Trophée de Ledenon se dispute sur BMW 2002. Philippe Streiff remporte le trophée et se voit remettre la Mambo de l’école de pilotage, une nouvelle petite barquette conçue par Gerald Mancip et propulsée par un moteur de Rallye 2.

 

1977 Philippe étrenne sa Mambo à Magny cours lors d’une manche de la Coupe de l’avenir. Malgré une seizième position sur la grille, il remporte la course. Avec trois nouvelles victoires à Montlhéry, Luxembourg et Croix en Ternois, il remporte le titre national. Ce succès va hélas lui interdire l’accès à la finale du volant ELF qui est à l’époque le tremplin obligatoire pour accéder aux formules supérieures. Le jeune pilote grenoblois se reporte avec succès sur le volant Motul de Nogaro. 

24 heures du Mans 1977

24 heures mans 1977Philippe est contacté pour copiloter la Porsche Carrera RS no 73 de Philippe Jaffrenou. Bien que la voiture soit préparée chez les Frères Almeras, les pilotes Jaffrenou, Streiff et Dorchy ne parviendront pas à qualifier la voiture.

Qualifications : Temps 4’’28’9

55ème temps à 182,611 km/h de moyenne

 

  

1978 Formule Renault. Victoire au Paul Ricard et 5ème place au championnat.

 

24 heures du Mans 1978

Lola Team PronuptiaGrace à Motul, Philippe Streiff obtient un volant sur une Lola appartenant à Michel Elkoubi. Deux Lola 2L sont engagées par le Team Pronuptia,  sponsor principal de l’équipe.

Le Team Pronuptia engage deux voitures en groupe IV moins de 2L

24 Lola T296 - Yver – Elkoubi - Streiff

25 Lola T294/6 - Cuynet, Sotty, Dufrey

Moteur Ford L4 Ford Cosworth FVC 1989 cm3 – Equipe ‘Pronuptia MRE’

Environ 265ch – Poids 607 kg

 

Les essais

Durant les essais du jeudi, l’aileron arrière séparé de la Lola 25 s’envole dans les Hunaudières. L’équipe décide avec sagesse de l’équiper d’un capot arrière conventionnel de T296 pour la course.

La Lola n° 24 réalise le 43ème temps des essais en 4’11’700 soit le 9ème temps des 2L

Elkoubi  4’26’7 - Streiff 4’11’7 (195,089 km/h) - Yver 4’17’8

La Lola n°25 en 4’15'800 est à la 49ème place sur la grille de départ.

Le meilleur temps des 2L est obtenu par l'Osella no 34 de Quester en 3.56.2

 

Nous étions avec des tous petits moyens et nous montions nous même le moteur de course dans la nuit du vendredi au samedi.... C'était bien pour être en forme le lendemain.... Il y avait Philippe Streiff dans l'équipe avec Dufrey, et il marchait déjà comme un avion, il était d'ailleurs déjà très pro puisqu'il possédait son propre camping car. Nous, nous couchions dans le paddock sous la tente et dans la caravane de mon père que je tractais derrière la Mercedes 240 D de l'époque. En voulant mettre en route le moteur de course et après avoir enlevé les bougies pour faire monter la pression d'huile.... nous nous sommes aperçu que le moteur n'avait jamais tourné au banc comme l'avait dit le préparateur anglais...Nous avons donc décidé de roder la voiture pendant la course... avec une pancarte EN RODAGE à l'arrière....J'ai pris le départ pour faire trois tour sans dépasser 5 000 t/mn, j'ai été double par la pace car dans la digne droite des Hunaudières, et quand je suis arrivé sur la ligne de départ.. il n'y avait plus personne, les autres avaient eu le temps de s'arrêter en grille de départ et de partir. J'ai eu la honte de ma vie, mais nous avons terminé 17éme au général en remettant en tout et pour tout 1 litre d'huile pendant toute la course...... Comme quoi un bon rodage… Le tout pour dire que nous avions un moral d'acier et rien ne pouvait nous arrêter.

Bruno Soty pilote de la Lola 25- Forum Autodiva

 

 

La course

16h00 Elkoubi départ

16h11 arrêt de 6 minutes – Réglage garde embrayage + fuite d’huile

17h11 arrêt 10 minutes – réglage et purge embrayage + changement compte tours

21h05 arrêt 7 minutes- remplacement roue arrière droite + purge embrayage

2h04 arrêt 1h48 - Yver – échappement cassé

8h46 arrêt 1h03 changement de l’échappement + faisceau électrique

 

Non classé pour distance insuffisante (22ème) 132.047 de moyenne

(mini de 70% de la distance parcourue par la voiture victorieuse. 232 tours – 3159,140 km)

 

 

1979 2ème du championnat de France de F3 derrière Alain Prost

1980 Formule 3 avec une victoire dans la finale du championnat d’Europe en Belgique

1981 Champion de France de Formule 3 

 

24 heures du Mans 1981

 24h lemans 1981 Rondeau Streiff

Superbe 2ème place. Lire l’article complet

1982 Champion de France de Formule 2 sur AGS

1983 Champion de France de Formule 2 sur AGS

 

24 heures du Mans 1983

24h lemans 1983 Rondeau M482 n°25

Retour au Mans dans l’équipe de Jean Rondeau aux côtés du chevronné Jean Pierre Jaussaud. Les favoris sont Lancia et surtout Porsche qui avec sa 956 domine l’endurance

 

Les essais

Les nouvelles M482 disposent d’une carrosserie surprenante étudiée par Max Sardou pour générer un maximum d’effet de sol. Le look arrière rappelle les flotteurs d’un pédalo.

Malgré de nombreux essais, la comparaison des performances avec les ténors du groupe met en évidence un cruel manque de vitesse de pointe. Le Cosworth 3,9L fait pale figure à côté des meilleurs turbos et la carrosserie étudiée pour apporter de l’effet de sol génère sans doute de la portance. 

Les 16eme, 19eme et 20eme rangs aux essais soulignent que le handicap de performance est important. 20 secondes !!! L’écurie se console en affirmant que la consommation sera un facteur clef et que les lièvres ne pourront sans doute pas tenir toute la course à un rythme aussi élevé.

Pole

Porsche 956 T

1

Jacky Ickx

3’16’’56

Derek Bell

3’25’’02

 

 

16

Rondeau M482

24

Pescarolo

3’37’’14

Boutsen

3’36’’06

 

 

19

Rondeau M482

26

Rondeau

3’40’’52

A Ferté

3’37’’57

M Ferté

3’46’’37

20

Rondeau M482

25

Streiff

3’39’’28

Jaussaud

3’38’’63

 

 


La course

16h00 Philippe Streiff prend le départ

16h17 Après seulement 5 tours de course, Philippe Streiff est au ralenti et sa Rondeau 25 perd énormément d’huile.

16h19 Le pilote rejoint le stand. L’origine du mal vient d’une durite mal fixée. La voiture reprend la piste après 41 minutes d’arrêt mais la mécanique a souffert et on ne se fait guère d’illusion. Philippe Streiff effectue 7 tours avant de stopper définitivement à Mulsanne avec un moteur cassé.

22h13 Ferté s’immobile dans les Hunaudières moteur cassé. Abandon de la Rondeau 26 

4h45 Casse moteur pour Henri Pescarolo. Abandon de la Rondeau 24

Au niveau fiabilité comme au niveau performance, l’écurie officielle Rondeau n’a pas réussit au cours de cette édition 1983.

 

Rondeau M 482  N°25

Ford Concessionnaires France

Technique :

Catégorie : C
Moteur : V8 Ford Cosworth DFL 3955 cm3
Pneus : Michelin

 

Pilotes :

Philippe Streiff F
Jean Pierre Jaussaud   F

 

LeMans 1983 Rondeau M482 no 25

Résultats :

Course : Abandon 3ème heure Moteur

Qualifications : 20ème
Temps : 3'38"63
Moyenne : 224,368 km/h

Position heure par heure :

1h

2h

3h

4h

5h

6h

7h

8h

9h

10h

11h

12h

13h

14h

15h

16h

17h

18h

19h

20h

21h

22h

23h

24h

50

46

48

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

1984 Formule 2 AGS

- Victoire à Brands Hatch en F2, il est aujourd’hui le dernier vainqueur d’une course de Formule 2.

- 2ème au championnat de France en F2

- 4ème au championnat d'Europe en F2

 

24 heures du Mans 1984

  24h lemans 1984 Porsche Fitzpatrick

LM1984 Superbe troisième place Voir l'article complet

 

1985 Philippe Streiff rejoint l’écurie Ligier en cours de saison et termine à la 3eme place du Grand Prix d’Australie.

Il est contacté par Cesare Fiorio pour piloter une Lancia LC2 aux 24 heures du Mans 1985 avec Jean Louis Schlesser comme coéquipier. L’accord ne sera pas finalisé.

1986-1987 Pilote de F1 chez Tyrrell

1988 Pilote F1 chez AGS

8 Mai 1988, 1000 km de Silverstone

Philippe Streiff décide de faire ‘une pige’ en pilotant la Porsche 962C n°7 du Joest Racing lors des 1000 km de Silverstone. Pour cette manche du championnat du monde, il est associé avec Bob Wollek et David Hobbs. La course est remportée par la Jaguar XJR9 de Brundle et Cheever devant un duo de Sauber C9. Philippe Streiff et ses coéquipiers d’un jour terminent à la 4ème place.

Jean Louis Schlesser le met en contact avec Mercedes. Le constructeur allemand représenté sur la piste par l’écurie suisse Sauber souhaiterait remporter le titre pilote.

9 octobre 1988 1000 km de Fuji

Philippe Streiff incorpore l’équipe Sauber Mercedes.

Jean Louis Schlesser est à la lutte contre Martin Brundle sur Jaguar pour le titre mondial, l’objectif de cette course est de réaliser un doublé. Philippe Streiff n’a pas réalisé d’essais préalables et il découvre la Sauber dans des conditions météo difficiles. Les ennuis vont s’accumuler. Des soucis d’embrayage puis l’explosion d’un disque de frein qui endommage la carrosserie vont contraindre la voiture à abandonner.

L’ambiance dans l’équipe est excellente, Philippe Streiff et Jean Louis Schlesser formeront à n’en pas douter un solide équipage pour les 24 heures du Mans 1989. Rendez-vous est pris pour juin 1989 sur le circuit de la Sarthe au volant de la Sauber Mercedes.

 

15 Mars 1989

Au cours d’essais privés sur le circuit de Jacarepagua à Rio de Janeiro au Brésil, Philippe Streiff est victime d’un terrible accident au volant de l’AGS. Les secours sur place sont totalement inadaptés et les traitements immédiats ne vont faire qu’aggraver les blessures. Philippe Streiff en paiera lourdement le prix et restera tétraplégique.

 

Philippe Streiff aujourd’hui

Sa passion pour l’automobile et le sport automobile reste intacte. De 1993 à 2002, il organise le Elf Masters Karting de Bercy et réunit les plus grands champions du moment : Senna-Prost-Schumacher…

Après une mission au Secrétariat d’état aux handicapés, Philippe Streiff a aujourd’hui rejoint le Ministère des Transport. Il conseiller technique auprès de la déléguée interministérielle à la Sécurité routière qu’il représente au CEREMH (Centre de ressources et d’innovation mobilité handicap). L’objectif est de favoriser la mobilité des personnes en situation de handicap en développant l’accès à la conduite.

 

Ses participations aux 24 heures du Mans

5 participations - 1 fois 2ème - 1 fois 3ème - 1 abandon(s) - 1 NC - 1 DNQ.

 

Résultats

 Voiture

 

 Pilotes

1977 

Non qualifié

 Porsche Carrera RS

 N° 73

 Jaffrenou, Dorchy, Streiff

1978 

Non classé.

 Lola T296

 N° 24

 Yver, Elkoubi, Streiff

1981 

2ème

 Rondeau M 379 C

 N° 8

 Streiff, Haran, Schlesser

1983 

Abandon

 Rondeau M 482

 N° 25

 Streiff, Jaussaud

1984 

3ème

 Porsche 956

 N° 33

 Streiff, Van der Merwe, Hobbs

 

Remerciements

Merci à Dominique Clousier et Jean Pierre Dromain pour les photos.

Un immense merci à Philippe Streiff pour son amabilité, sa disponibilité, son enthousiasme et sa contribution. 

 

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