Tragique destin

Pierre Levegh Si certains noms sont synonymes de victoires et de lauriers, d'autres noms comme Tamburello ou Pierre Levegh évoquent hélas des évènements bien plus tristes. Pierre Bouillin de son vrai nom, Pierre Levegh est né à Paris le 22 décembre 1905. Il reprend le pseudonyme de son oncle, Alfred Levegh, pilote automobile né en 1871, vainqueur du Paris Ostende en 1899 et de Paris-Toulouse-Paris en 1900. Levegh était l'anagramme de son véritable nom 'Alfred Velghe'.

Pierre Levegh débute la compétition en 1937 sur Delage et participe à ses 1eres 24 heures du Mans en 1938 sur une Talbot.

Ses participations au Mans en 1938 et 1939 se soldent par des abandons. 

En 1948, il termine 2eme à Monlhéry lors des Coupes du Salon. 

En 1950 et 1951, il prend le départ de 6 GP de formule 1 au volant d'une Talbot.

En 1951, il termine 4eme des 24 heures du Mans avec René Marchand sur Talbot. 

En 1952, il participe aux 24 heures du Mans au volant d'une nouvelle Talbot T26GS biplace. Il fait équipe avec René Marchand, mais un peu à l'image de Chinetti en 1949 ou Rosier en 1950, il pilote non stop. Après l'abandon de la Gordini  de Jean Behra et de Manzon, il prend la tête de la course vers 3 heures du matin. A 2 heures de l'arrivée, Levegh possède 4 tours d'avance sur les Mercedes et refuse toujours d'être relayé. Diminué physiquement, il va raté une vitesse et endommagé le moteur. C'est l'abandon.

le mans 1952 Levegh

En 1953, au volant de la même Talbot, il partage le volant avec Charles Pozzi et termine 8 eme.

En 1954 Toujours sur la Talbot, il abandonne sur accident.

En 1955 Paul Frere ayant renoncé à participer à l'épreuve sur Mercedes, Alfred Neubauer, qui a en mémoire la course de 1952, fait appel à Levegh pour piloter l'une des 300 SLR. C'est la grande époque de Mercedes et des fleches d'argent. A 50 ans, c'est une chance unique qui ne se refuse pas et la victoire devrait se jouer entre les Mercedes et les Jaguar.

LeMans 1955 J.Fitch P.Levegh Neubauer

Le début de course oppose Hawthorn et Fangio qui mènent un train d'enfer, la lutte est grandiose. 18h28, Levegh se fait prendre un tour par le leader Mike Hawthorn et Fangio est juste derrière lui.

Quatre voitures s'apprêtent à aborder la ligne droite devant les stands roues dans roues. Un attardé, Macklin au volant d'une Austin Healey, suivi de  l'anglais Hawthorn, en tête de la course sur la Jaguar n° 6. ils précèdent deux Mercedes, Levegh (alors 6eme) qui vient se faire prendre un tour et Fangio (2eme).

À l’entrée de la ligne droite des stands, Hawthorn double l'Austin Haeley de Macklin mais Il semble qu'Hawthorn eût, durant une fraction de seconde, l'intention de s'arrêter à son stand de ravitaillement. Sur l’Austin, Macklin donna un violent coup de volant pour l'eviter et déboîta légèrement sur le côté gauche de la piste où les deux Mercedes - celle de Levegh et celle de Fangio - s’apprêtent à s’engouffrer à plus de 250 km/h. Au dernier instant, l’Argentin réussit à se dérouter, prévenu par Levegh qui lève le bras en signe d’impuissance, avant que la Mercedes de Levegh, la n°20, heurte l’Austin, décolle, s’écrase dans les fascines, rebondisse et explose en deux temps. L’explosion déchiquète la carcasse de la voiture pilotée par Levegh. Les débris de la Mercedes, certaines parties du moteur en fusion, tracent un sillon mortel dans les tribunes. On relève 81 morts, des dizaines de blessés.