Juan Manuel FANGIO, le Maestro

Juan Manual FangioJuan Manuel Fangio est né à Balcarce, (Argentine) le 24 juin 1911. Fils d’immigrants italiens de la province de Chieti dans les Abruzzes, il commence à travailler dans une forge avant de rejoindre à 13 ans un atelier de mécanique, le garage Studebaker de Miguel Viggiano où, curieusement, on préparait des voitures de course.

Sa première voiture est une Overland 4 cylindres. Il passera un an alité, victime d’une pleurésie.

 

En 1934, au retour du service militaire, il ouvre un garage, avec l’aide de son père et de ses frères. Il en ouvrira dans la foulée un second au centre de Balcarce.

Le 24 octobre 1936, il dispute sa première compétition sur le circuit en terre de Benito Juárez, au volant d’une « Ford modèle A » que le père d’un ami lui prête. Il abandonnera après une rupture de bielles.

A partir de 1939, il se lance dans les « Carretera », des épreuves de plusieurs centaines de kilomètres.

27 septembre 1940, il s’engage au volant de la Chevrolet verte no 26 au Gran Premio Del Norte. Un périple Buenos Aires, Lima, Buenos Aires de 9545 kms à travers la Cordillière des Andes. Cette course se dispute en 13 étapes sur des routes en terre avec des cols à plus de 4000 mètres d’altitude.

Après 3 semaines d’une course éprouvante et 109 heures de conduite, il remporte sa 1ere grande victoire.

Il remporte le titre de champion d’Argentine de Turismo de Carreteras et récidive en 1941.

Après une interruption due à la guerre, il reprend le volant en 1946.

 

Juan Manual Fangio a 37 ans et sa carrière va commencer.

17 Janvier 1948, circuit de Palermo. Sous l’impulsion du dictateur Juan Peron, l’Automobile Club d’Argentine organise une ‘Temporada’ ou sont invité les meilleurs européens.

L’ACA loue une Maserati 4CL appartenant au français ’Ralph’, et Fangio la pilote. Cette première course se solde hélas par un abandon.

25 Janvier 1948, à Mar Del Plata, sur le circuit de San Martin, il réalise le 4ème temps des essais. Face à des pilotes de renoms tels que Villoresi, Wimille, Farina et Varzi, il va faire une course remarquable. Il pointe en 3ème position avant de devoir stopper pour changer les bougies au cours du 20ème tour. Il terminera en 5ème position.

1er février 1948, circuit de Rosario. La Maserati n’est pas compétitive et  Amédée Gordini accepte de louer une Simca Gordini T11.

Juan Manual Fangio réalise le 2ème temps des essais. Il devance de 1,5 sec son coéquipier Jean Pierre Wimille qui est considéré alors comme l’un des tout meilleurs pilotes du moment.

Fangio et Wimille vont se livrer une lutte de tous les instants. A 10 tours de l’arrivée, Fangio s’arrête pour faire remettre de l’eau dans le radiateur. Wimille triomphe. Fangio se consolera avec le meilleur temps en course et les éloges de Jean-Pierre Wimille  « Je connais un futur champion automobile. Vous l'avez ici. Fangio ».

18 juillet 1948, Circuit de Reims. Maurice Trintignant est victime d'un accident sur sa Gordini pendant les essais du Grand Prix de Reims. Amédée Gordini fait alors appel à Fangio qui vient d'arriver en Europe pour le remplacer.

1949 San Remo, Pau, Perpignan, Albi (Maserati), Monza(Ferrari), Marseille(Gordini)     Il remporte 6 Grand Prix en Europe, sur 3 monoplaces différentes.

1950 Ce brillant palmarès va lui ouvrir la porte d’Alfa Roméo qui va le tester à San Remo, lors d’une course hors championnat. Il remporte la victoire.

Le soir de la course, l’ingénieur Alessio, directeur d’Alfa Romeo lui dit :

« C’est bien Fangio, maintenant on va signer le contrat. Quelle somme demandez-vous ? »

« Il n’y a que le contrat qui m’intéresse, vous mettez la somme que vous voulez, je le signe tout de suite » répondit Fangio.

13 mai 1950, débute à Silverstone le 1er championnat du monde de formule 1. Le 21 mai 1950, victoire à Monaco suivront, Spa, Reims…. Pour la dernière course de la saison à Monza, il est en lutte pour le titre mais sa boîte de vitesses le lâche. Il terminera second de ce 1er championnat….

C’est le début d’une grande carrière, une illustre carrière. Quintuple champion du monde de Formule 1, c’est le Maestro.

 

24 et 25 juin 1950, Les débuts de Juan Manual Fangio aux 24 heures du Mans.

Fangio pilote l’une des quatre Sima-Gordini 3000cc engagées. Il partage le volant de la no 59 avec Froilan Gonzales. Un moment 9ème, ils vont connaitre des soucis mécaniques innombrables. Ils abandonneront à la 13eme heure, en panne de distribution.

 

23 et 24 juin 1951, 24 heures du Mans

le Mans 1951 Talbot Fangio et Rosier

Talbot engage quatre modèles T26 GS pour Fangio-Rosier (qui déjà connu le triomphe pour la marque l'année précédente) Marimón-Gonzalez, Meyrat-Mairesse et Chaboud-Vincent. Après une heure de course, Fangio et Rosier sont 6èmes et accèdent à la 3ème place après 5 heures. Pendant la neuvième heure, Fangio-Rosier, ont des problèmes avec le réservoir de l'huile qui est cassé. Malgré tout le talent des mécaniciens, c'est l'abandon.

 

13 et 14 juin 1953, les 24 heures du Mans

le Mans 1953 Fangio sur Alfa Romeo

Fangio pilote une Alfa Romeo 6C 3.0 cc. avec Marimon comme co-équipier. L’équipage argentin est 6ème après une heure de course. Après seulement 3 heures de course, c’est l’abandon sur casse d’un piston.

 

11 et 12 juin 1955, les 24 heures du Mans

Le duel entre Jaguar, Mercedes, Ferrari, Maserati et Aston Martin s’annonce grandiose. Fangio coure avec Stirling Moss sur une Mercedes 300 SLR. Lors de la 1èere séance d’essai, Moss qui entrait au stand s’accroche avec la Panhard de Storez qui en sortait. Deux journalistes seront blessés.  La Mercedes est légèrement endommagée.

Pendant la première heure environ, la course est magnifique, une bataille rageuse oppose trois marques de prestige Jaguar, Mercedes et Ferrari. Le soleil est brûlant.

Le Mans 1955 Fangio sur Mercedes

1ere heure de course, Castelloti sur Ferrari, Hawthorn sur Jaguar et Fangio sur la Mercedes sont aux avants postes.

Hawthorn et Fangio font alors s’approprier à tour de rôle le record du tour. 4.8.6 dans le 20eme tour, puis 4.8.6 dans le 22eme tour pour Fangio. Hawthorn réplique en 4.6.6. Les spectateurs assistent à un véritable Grand Prix. Fangio est le plus rapide dans les Hunaudières, plus de 300 km/h, tandis qu’Hawthorn au volant d’une Jaguar plus maniable compense dans les parties sinueuses. Le début de course est sensationnel.

2eme heure : 1 Fangio-Moss Mercedes 28 tours - 2 Hawthorn-Bueb Jaguar 28 tours - 3 Castellotti-Marzotto Ferrari 28 tours

Fangio reste en tête jusqu’au 29eme tour avec Hawthorn dans son sillage. Hawthorn attaque alors la Mercedes et prend la tête de l'épreuve.

LeMans 1955 Hawthorn et Fangio

Mais en fin d’après-midi lors du 33eme tour, il est environ 18h28, c’est le drame, la catastrophe la plus terrible de l’histoire du sport automobile.

Quatre voitures s'apprêtent à aborder la ligne droite devant les stands roues dans roues. Un attardé, Macklin au volant d'une Austin Healey, suivi de  l'anglais Hawthorn, en tête de la course sur la Jaguar n° 6. Ils précèdent deux Mercedes, Levegh (alors 6eme) et Fangio (2eme).

À l’entrée de la ligne droite des stands, Hawthorn double l'Austin Haeley de Macklin mais Il semble qu'Hawthorn eût, durant une fraction de seconde, l'intention de s'arrêter à son stand de ravitaillement. Sur l’Austin, Macklin doit faire une embardée pour l’éviter. Surpris, Macklin donna un violent coup de volant et déboîta légèrement sur le côté gauche de la piste où les deux Mercedes - celle de Levegh et celle de Fangio - s’apprêtent à s’engouffrer à plus de 250 km/h. Au dernier instant, l’Argentin réussit à se dérouter, prévenu par Levegh qui lève le bras en signe d’impuissance, avant que sa Mercedes, la n°20, heurte l’Austin, décolle, s’écrase dans les fascines, rebondisse et explose en deux temps. L’explosion déchiquète la carcasse de la voiture pilotée par Levegh, qui participait à ses septième 24 Heures depuis 1938. Les débris de la Mercedes, certaines parties du moteur en fusion, tracent un sillon mortel dans les tribunes. On relève 81 morts, des dizaines de blessés.

Charles Faroux, directeur de la course, décida de continuer l'épreuve : « Malgré l'horreur de la situation, je n'ai pas jugé que l'épreuve sportive dût, ipso facto, être interrompue. Même quand il arrive une catastrophe, ajoute-t-il, la loi du sport impose de continuer. »

La ronde continue, mais comme l’ont écrit certains biographes de la course : "le reste, désormais, n’a plus d’importance".

Fangio et Hawthorn se sont engagés dans un coude à coude palpitant, se dépassant sans cesse.

Vers deux heures du matin, Mercedes, toujours en tête avec Fangio, abandonne sur ordre de Stuttgart. Les Ferrari abandonnent, Jaguar, déjà vainqueur en 51 et 53, s’envole vers la 1ere place. 

Mike Hawthorn et Ivor Bueb remportent la dramatique édition 1955 des 24 heures du Mans.

 

23 janvier 1958, en pleine révolution cubaine, le champion du monde automobile argentin, est enlevé pendant 28 heures par Fidel Castro et ses hommes.

Fangio abandonne la compétition en 1958 mais son nom est synonyme de roi de la vitesse. L'expression "se prendre pour Fangio" en est la meilleure preuve.

Le 17 juillet 1995, Juan Manuel Fangio s'éteint, victime d'une crise cardiaque, à l'âge de 84 ans. L'Argentine décrètera 3 jours de deuil national.

 

 

Statistiques en F1 

Nombre de GP disputés : 51

Meilleur résultat en course : victoire (24 fois)

Meilleur résultat en qualifications : pole position (29 fois)

Nombre de points marqués : 277,64

Nombre de podiums : 35

Nombre de meilleurs tours : 23

Points marqués : 245

 

Titres

1940 Champion d'Argentine de Turismo de Carreteras

1941 Champion d'Argentine de Turismo de Carreteras

1948 vice-champion d'Argentine de Formule Libre

1949 vice-champion d'Argentine de Formule Libre et de Turismo de Carreteras

1950 vice-champion du Monde des pilotes de Formule 1, vice-champion d'Argentine de Formule Libre

1951 Champion du Monde des pilotes de Formule 1, vice-champion d'Argentine de Formule Libre

1952 Champion d'Argentine de Formule Libre

1953 vice-champion du Monde des Pilotes de Formule 1

1954 Champion du Monde des pilotes de Formule 1

1955 Champion du Monde des Pilotes de Formule 1

1956 Champion du Monde des Pilotes de Formule 1

1957 Champion du Monde des Pilotes de Formule 1

Quintuple champion du monde formule 1

 

Ses 4 participations aux 24 heures du Mans

 

Année

Numéro

Voiture

Catégorie

Copilotes

Résultat en course

 

1950

33

Simca Gordini T15 C

-

Jose Froilan Gonzalez

Abandon

 

1951

6

Talbot Lago T26 GS

-

Louis Rosier

Abandon

 

1953

22

Alfa Romeo 6C 3000 CM

3001 à 5000 cm3

Onofre Marimon

Abandon

 

1955

19

Mercedes-Benz 300 SLR

2001 à 3000 cm3

Stirling Moss

Abandon