Guy Bouriat, de vendeur de Bugatti à pilote usine

Guy BouriatGuy Bouriat-Quintard bien que né à Paris le 6 mai 1902 est Sarthois. Son père, le Comte René Bouriat, habite le Château des Arches à Yvré-l’Evêque près du Mans.

 

 

Guy Bouriat  fait ses études au collège Sainte Croix au Mans. Après avoir accompli son service militaire, il commence à travailler dans une usine de soie à Lyon. Très habile de ses mains, il avait un penchant certain pour la mécanique. Il fait ses premiers pas en compétition au guidon de motos en utilisant quequefois le nom de Guy Quintard. Il passe rapidement sur 4 roues et s'engage dés 1926 aux 24 heures du Mans sur une EHP.

Vendeur chez Bugatti

Il est contacté par la maison Bugatti. Il y rentre pour s’occuper principalement du service des ventes. Toutefois, ses talents de conducteur sont remarqués. Son oreille très fine et très exercée lui permet de déceler les moindres imperfections dans un moteur. Il est alors affecté au département compétition de la maison Bugatti et devient rapidement responsable du service course.

Il va par la suite abandonner le bord de piste pour la combinaison et devient pilote officiel de la marque Alsacienne. Il remporte rapidement des victoires.

D’une honnêteté sportive parfaite, il sait se plier aux consignes tout en défendant sa chance. En tête du Grand Prix de Belgique à Spa devant son coéquipier Chiron, il n’hésita pas à ralentir pour le laisser remporter l’épreuve comme le lui avait demandé le responsable de l’équipe.

Fin 1930, grâce aux conseils éclairés du célèbre pilote d'avion Détroyat, il va s’intéresser à l’aviation et obtenir son brevet de pilote. Il ira par la suite régulièrement voir sa famille en Farman F.192 en atterrissant dans un champ face à la somptueuse demeure familiale.

 

13 juin 1931, 24 heures du Mans

Guy Bouriat pilote la Bugatti T50 officielle n° 5 avec Divo. Les espoirs sont grands mais seront vitent déçus.

 

1931 Bugatti T50 no6 Bouriat Divo

Les pneus déchappent et après l'accident de la Bugatti 6 de Maurice Rost, Jean Bugatti décide de retirer ses voitures de la course.

 

18 juin 1932, 24 heures du Mans 

Deux Bugatti Type 55 officielles représentent la firme de Molsheim. Les pilotes de Grand Prix, Guy Bouriat et Louis Chiron sont associés sur la T55 no 15. Vers 19 heures la voiture est en 8ème position.

 Guy Bouriat aux 24h du Mans

Guy Bouriat au Mans

Parti sagement derrière les Alfa, une pierre vient perforer le réservoir. La voiture hoquete. Bouriat aidé par un commissaire ramène au stand une voiture saine mais hors course. Chiron n’aura pas pris le volant. 

 

1933. Avant de partir à Peronne disputer le Grand Prix de Picardie, Guy Bouriat tranquilise ses parents en leur disant qu’il ne va là-bas que pour s’entrainer en vue des 24 heures du Mans dans lesquelles il est engagé et qu’il veut remporter.

 

21 Mai 1933, le Grand Prix de Picardie, Week-end noir pour les bleus

Au cours des essais du 20 Mai, Louis Trintignant (Frère de Maurice) trouve la mort au volant de la Bugatti n° 16.

Durant la course, la bataille est intense entre Philippe Etancelin  sur l’Alfa Romeo 8C et Guy Bouriat sur la Bugatti T51.

Vers 17 heures, le pilote Manceau bat le record du tour. 

L’actualité automobile rapporte

« C’est au 12ème tour, ou il venait d’être dépassé par Philippe Etancelin (futur vainqueur sur Alfa Romeo) que Bouriat doublant Vilars (Sur Alfa Romeo) dans une ligne droite à environ 200 km/h frôle de sa roue arrière la roue avant de Vilars. Ce dernier le sentit à peine et ne quitta pas sa ligne, mais la machine de Bouriat, déséquilibrée, partit en queue de poisson et alla s’écraser sur un arbre. Bouriat fût tué sur le coup et sa voiture prit feu ».

 

Au départ des 24 heures du Mans 1933, on observe une minute de silence à la mémoire du pilote disparu et on annonce qu’une esplanade portera son nom.

Une stèle Bouriat-Trintignant est érigée en 1934 à Estrées-Mons en souvenir de Guy Bouriat et Louis Trintignant, décédés tragiquement sur le circuit en 1933. 

1953, Sur la circuit du Mans, on érige une nouvelle tribune et en hommage à l’illustre pilote local, l'ACO la nomme ‘Guy Bouriat’. (Il est fort probable que la tribune ne fût achevée qu'en 1954)

    

Bibliographie

BNF/Gallica

La Sarthe

L'aéro

Lucien Wurmser - Mécanicien de course

Le Maine Libre

L'Actualité Automobile